Armées de résignation, les poumons gonflés à bloc de lâchetés, j’ai quitté le village très tôt pour que personne ne me voit.
Sur le chemin de la ville j’ai entendu le buisson pleurer, il pleurait avec la voie d’une femme, je me suis approché de lui et j’ai vu qu’il cachait une femme qui mourait, c’était une reine je le su par ses yeux, des yeux de reine on les reconnaît immédiatement.
Que pouvait bien faire une reine agonisante dans les buissons le long d’un sentier. Je voulu l’aider mais elle m’a dit, avec tout ce qui lui restait comme force:
« Ecoute moi et laisse moi mourir ensuite »
Je suis une reine
Aînée d’une famille de cinq enfants, dont mes propres enfants en sont la risée.
Je suis une reine
Dont les sujets ont déserté la cour,
Qui a échoué dans son devoir de régner sur l’empire,
Dont les subordonnés sont partis, mais pas sans l’avoir poignardée dans le dos.
Je suis une reine
Dont la couronne trop pesante a brisé le cou,
Dont La robe trop belle a fait des jalouses,
Dont les bracelets, trop serrés ont tranchés les poignées,
Dont La richesse a attiré trop de courtisans filous,
Dont la couronne d’or a été vendue à l’autre.
Je suis une reine
Dont le roi était fier, fort, digne et amoureux,
Dont le roi est mort au combat pour la défendre.
Dont la seule satisfaction résiste dans les souvenirs de son roi.
Je suis une reine
Battue et humiliée en public par ses propres enfants.
Vendue en esclave à l’étranger par ses enfants contre du pain, alors que ses seins sont pleins de lait.
Obligé à la prostitution pour survivre.
Je suis une reine mère
Qui a éduquer tous les enfants du royaume et même ceux d’ailleurs.
Qui a élevé et bercé et câliné ses futurs assassins.
Dont le cœur complote contre le foie,
Dont le foie espionne le poumon,
Dont les intestins s’entremêle pour mieux se déchirer.
Et qui termine son règne au bord d’un chemin.
Je suis une reine dont l’espoir de ne pas mourir misérablement repose sur les enfants adoptés de mes étrangleurs.
Je suis une reine dont la survie repose sur tes épaules, toi que l’on appelle Jeunesse.

Commentaires
Aucun commentaire
Ajouter un commentaire