La traversée du désert fut rude et pénible, les flots de poussière et de sable étaient portés par le vent sec de ce harmattan qui soufflait du nord au sud comme s’il voulait s’opposer a notre avancée.
Lassé de nous voir, notre lâcheté et nous, nos lâches visages de fuyards que nous n’oserions même pas voir dans des miroirs, nous sentant sans intérêt, le désert éprouvant laissa la place à sa demi sœur la mer. Elle était le dernier obstacle avant l’eldorado.
La barque avançait, dans cet immense étendue d’eau avec une difficulté qui n’avait d’égales que notre détermination et la grande peur qui nous figeait.
Peur, de quoi avions nous peur ?
Plus de retourner en Afrique, que de ne pas pouvoir arrivé chez les blancs.
La mort dans la mer était préférable, à la honte du rapatriement dans nos terres.
La mort dans la mer plutôt que la honte dans nos terres.
L’océan calme, plat et immense.
Un calme qui nous terrorisait éveillait nos sens, alertaient nos esprits qui flambaient comme de l’essence.
Un calme bruyant, un peu comme le calme avant la tempête.
J’étais assis au milieu d’autres fuyards serrés les uns contre les autres dans une promiscuité des plus extrêmes, qui imprimait sur les visages ce calme inquiet. La première lueur du phare arrachait tout le monde de son silence ; l’Europe n’était plus loin.
J’avais beau être ébloui, je restais perplexe face à cette situation que je ne comprenais guère, qu’était ce donc cette seconde lumière rotative.
Ce second phare rotatif, tel une girouette,
Ce phare-girouette,
Ce gyrophare.
Non je rêvais !
Non, je ne rêvais pas ! C’était bien un gyrophare de la police.
Si près du but !!!
Quel dommage, moi qui croyais que le chiffre sept portait bonheur, la huitième fois sera peut être la bonne.

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